Pour des listes ‘Sud-Ouest’ aux élections européennes

220px-franceeurocirconscriptions-2-svg élections européennes, euro-circonscriptions 2004 à 2019

Le redécoupage/assemblage récent des régions  a entrainé des modifications majeures de limites régionales, pour les élections régionales 2015 ; dans le Sud-Ouest,

. Fusion des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, d’où résulte la néo-région « Occitanie (Pyrénées-Méditerranée) »

. Fusion des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, d’où résulte la néo-région « Nouvelle-Aquitaine »

Une autre conséquence probable est le changement des euro-circonscriptions (multi-régionales) pour les élections européennes 2019, car l’euro-circonscription ‘Sud-Ouest’ était formée de trois régions antérieurement (Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon) sans Poitou-Charentes ni Limousin. En fait, le gouvernement annonce maintenant le retour à des listes nationales.

On avance que la plupart des pays européens ont des listes nationales aux élections européennes ; mais sept pays de l’UE ont entre 8 et 12 millions habitants ; seulement cinq plus de 40 millions ; treize moins de 7 millions d’habitants. Or, 8 à 12 millions d’habitants, c’est déjà la taille des euro-circonscriptions françaises actuelles !

 

Euro-circonscriptions multi-régionales

La France a 67 millions d’habitants. Pour maintenir 6 (ou 7 avec outre-mer) circonscriptions aux élections européennes, on peut modifier autrement les euro-circonscriptions en tenant compte du ré-assemblage régional de 2015 :

Les euro-circonscriptions ‘Nord-Ouest‘ (néo-régions Hauts-de-France & Normandie) et ‘Est‘ (néo-régions Grand Est & Bourgogne-Franche-Comté) peuvent rester inchangées après cette réforme régionale, ‘Île-de-France‘ (et ‘Outre-mer‘, à regrouper ou non) aussi ; l’ex euro-circonscription ‘Massif central-Centre‘ peut être divisée et répartie aisément : Limousin avec ‘Sud-Ouest‘ (inclut ex-Aquitaine et « Occitanie »), région Centre-Val de Loire avec ‘Ouest‘, Auvergne avec ‘Sud-Est‘ (inclut ex-Rhône-Alpes et Provence).

Il ne reste que l’ex-région Poitou-Charentes, à diviser en deux ? Une évidence géographique s’impose, la néo-région « Nouvelle-Aquitaine » s’étire trop du nord au sud, sur plus de 400 km. Les Charentes sont tournées davantage vers Bordeaux, mais les Deux-Sèvres sont plus proches des Pays de Loire, avec Vendée, et Poitiers plus proche de Tours que de Bordeaux. Le même quotidien régional est d’ailleurs présent à Poitiers et Tours.

Pourquoi chaque région devrait-elle être incluse strictement dans une euro-circonscription ? Pourquoi pas une euro-circonscription ‘Sud-Ouest’ des Charentes (et Limousin) aux Pyrénées, en compagnie toujours de « Occitanie (Pyrénées-Méditerranée) » ? Pour garder un ancrage régional aux députés européens. Pour que tout ne se décide pas « à Paris ».

S’il faut faire coïncider strictement les limites des régions et euro-circonscriptions, autant rectifier les limites régionales, en passant par exemple le département des Deux-Sèvres (79) en région Pays-de-Loire, et celui de la Vienne (86) en région Centre-Val-de-Loire : Niort (79) est plus proche de Nantes (150 km) que de Bordeaux (190 km), et Poitiers est bien plus proche de Tours (100 km) que de Bordeaux (230 km).

Aux frontières du réel

Aucun découpage n’est innocent, et certainement pas les découpages électoraux ou le choix de frontières. Au moins peut-on s’efforcer de les rendre rationnels et durables.

Un ancien prof de géo nous disait : « je vous enseignerai d’abord la géographie physique, car elle reste stable à long terme, pas la géographie humaine ». Il sera question des deux, et pas seulement du relief des Pyrénées ; mais question aussi de géographie historique : la mémoire du passé même lointain peut éclairer le présent et l’avenir.

« Un peuple sans mémoire (ou sans histoire) est un peuple sans avenir (ou sans âme) »

Le choix des régions a un sens politique, et pas seulement de rationalité économique : en France, les régions (définies depuis les années 70 ; premières élections en 1986) ont été chamboulées en 2015. Pour un résultat discutable, dans le Sud-Ouest notamment.

Géographie électorale : il s’écrit que les euro-circonscriptions multi-régionales (en vigueur depuis 2004) vont être balayées en 2018, pour laisser place à des listes nationales aux élections européennes 2019. Un retour annoncé vers 1979 ?

Ça se discute aussi. Du point de vue de la cohérence des néo-régions et du choix des assemblages faits en 2015, d’une part, mais aussi du point de vue de l’intérêt d’un territoire multi-régional (plutôt que national) pour le vote aux élections européennes en France, et dans le Sud-Ouest en particulier.